Las Herrizas (Alcalá de los Gazules, Cádiz)


Le premier objectif du projet est d’examiner l’étendue de ces ressemblances, en posant l’hypothèse d’une parenté de peuplement et d’un fonctionnement en réseau. Le deuxième objectif touche à l’histoire de la conquête romaine. Dans un célèbre décret de 189 a.C., Paul-Émile libère de leur statut servile les habitants de Turris Lascutana, un oppidum qui comme son nom l’indique dépendait de Lascuta. Las Herrizas, par sa localisation, ses dimensions et la chronologie de son occupation, fait partie des sites susceptibles d’être identifiés comme la Turris Lascutana. À défaut d’une identification certaine que seule autoriserait une hypothétique découverte épigraphique, l’étude du site de Las Herrizas apportera des informations précieuses sur l’organisation et le fonctionnement d’une communauté du même type.

La première étape du projet consistera en une étude non invasive de l’agglomération et de son environnement immédiat, avec des prospections pédestres et l’enregistrement tridimensionnel des aménagements semirupestres (logements de poutres, citernes, escaliers etc.), par photogrammétrie, scanner LiDAR et drone.

Propriété du ministère de la Culture du Maroc, le site archéologique de Rirha est classé depuis 2001 (B.O. n° 4921 du 30 juin 2001). Ce gisement a été signalé dès la fin du XIXe siècle et partiellement fouillé dans les années 1920 et en 1955. Depuis 2004, il fait l'objet de nouvelles opérations archéologiques réalisées par une équipe mixte maroco-française.

Il s'agit d'un gisement important (10-11 ha) qui présente, au départ, une agglomération maurétanienne, fondée au VIe ou au Ve s. av. J.-C., qui reste occupée jusqu’à la fin de la période romaine (IV e s.), puis à nouveau à la période médiévale « islamique » entre le IXe et le XIVe s.; il fournit par conséquent une occasion rare d’étudier la formation et l’évolution de l’identité culturelle d’une population du Gharb sur la longue durée, depuis l’époque protohistorique jusqu’au Moyen Âge.

Acquis des campagnes d’investigations 2004-2016

Suite à une première campagne exploratoire en 2004, se sont succédé trois contrats quadriennaux de recherches, co-dirigés par Mohamed Kbiri Alaoui (INSAP) et Laurent Callegarin (de 2005 à 2012-Université de Pau et des Pays de l'Adour/Casa de Velázquez) puis, Claire-Anne de Chazelles (de 2013 à 2016-CNRS, UMR 5140, Montpellier). Ils ont considérablement fait évoluer les connaissances sur Rirha grâce à la combinaison d’une analyse globale du site et d’une étude minutieuse de certains secteurs clés que sont la partie occidentale du site, dans la boucle du méandre où se trouve le tell (Ensemble 5) (fig.3), et la zone de l'entrée présumée de l'agglomération romaine, à l'extrémité nord-est (Ensemble 1) (fig.4).

 

  • Bartolomé Mora Serrano, Catedrático de Arqueología, Universidad de Málaga
  • Pierre Moret, Directeur de recherche CNRS, UMR TRACES
  • Darío Bernal Casasola, Catedrático de Arqueología, Universidad de Cádiz
  • José Suárez Padilla, Profesor Permanente Doctor, Universidad de Málaga
  • Jean-Marc Fabre, Ingénieur de recherche CNRS, UMR TRACES
  • Agathe Desmars, docteure en archéologie, EHEHI
  • Carine Calastrenc, Ingénieure d’étude CNRS, UMR TRACES
  • José Juan Díaz Rodríguez, Profesor Contratado Doctor, Universidad de Cádiz
  • Max Luaces, Société Éveha - Spécialiste amphores, chercheur associé UMR TRACES
  • Rafael Jiménez-Camino Álvarez, Arqueólogo municipal de Algeciras
  • Francisco Machuca Prieto, Profesor Ayudante Doctor, Universidad de Málaga
  • Jules Masson-Mourey, docteur en Préhistoire, chercheur associé UMR TRACES
  • UMR 5608 TRACES CNRS - Université de Toulouse Jean-Jaurès
  • Grupo de Investigación Consolidado del Área de Arqueología de la Universidad de Málaga
  • Área de Arqueología de la Universidad de Cádiz
  • Société Éveha International.

Masson-Mourey, J., « Un oppidum antique en Andalousie », Dossiers d’archéologie, 428, avril 2025, p. 72.